Németh, László
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”L’oeuvre d’art est une sortilège bien concocté. Elle jette un sort aux éléments entraînés dans.l’oeuvre : le mot perd le sens que lui prête le dictionnaire, le modèle s’efface derrière le héros, les idées rayonnent d’un halo nouveau. Comment ces éléments sont-ils ensorcelés? Par les liens tissés dans l’oeuvre. L’oeuvre ne divertit pas, elle relie. Dans l’oeuvre, rien n’existe de facon autonome, chaque élément renvoie à une autre partie. L’oeuvre est une vie organisée de façon multiple. Plus cette organisation est élevée et plus son réseau de relations est dense, plus il y a d’espoir que l’oeuvre parvienne à faire passer ce que l’écrivain n’aurait jamais pu faire passer sans cette oeuvre. Il y a chef d’oeuvre quand l’oeuvre peut vivre sans son auteur. Les relations comprises dans le projet en appellent de nouvelles ; des rapports imprévisibles s’établissent, qui à l’improviste s’ouvrent comme des ailes, et entraînent l’oeuvre vers des hauteurs que la main nourissante du poète ne soupçonnait pas.” |
Romancier, essayiste, traducteur, enseignant.
La famille de Laszlo Németh s’installe à Budapest en 1905. En 1920, il commence ses études universitaires par le hongrois et le français, puis continue en médecine. Il reçoit le titre de docteur en 1925. Il s’adonne déjà à la littérature pendant ses études. En 1925, il remporte le premier prix du concours de nouvelles organisé par la revue Nyugat. Il ouvre un cabinet de dentiste tout en travaillant parallèlement comme médecin scolaire. Ses essais sont publiés dans les revues Protestans Szemle, Tarsadalomtudomany et az Erő, et pendant quelques années aussi dans Nyugat. Il écrit dans le Erdélyi Helikon et Napkelet l’emploie comme rédacteur en chef des critiques. En 1930, il reçoit le prix Baumgarten, qu’il restitue suite à l’attaque de Lajos Hatvany. Entre 1933 et 1937, il publie son propre journal, a Tanú. A partir de 1934, il collabore quelque temps à la revue du mouvement des écrivains du peuple, a Valasz. Il dirige la section littéraire de la Radio Hongroise. Il adhère au mouvement de réforme du Nouveau Front Intellectuel, qui échoue rapidement. A partir de 1935, il enchaîne les romans et en 1938, il présente au Théâtre National sa première pièce. Puis il publie dans le journal de Móricz, dans le Kelet Népe et dans le journal illustré de Zilahy, ou encore dans le Hid, dont il devient collaborateur permanent. A partir de 1941, il s’associe au travail de Magyar Csillag, que dirige Gyula Illyés. Il postule, sans succès, pour la chaire de littérature de l’Université de Debrecen. Il prend part aux Journées des Ecrivains de Debrecen (1942) et aux deux conférences de Balatonszarszó (1942, 1943). En 1943, il prend sa retraite comme médecin scolaire. Il survit au siège de Budapest. Il déménage en 1945 à Békés puis accepte un poste d’enseignant à Hódmezővásárhely. Il collabore au journal d’Illyés et à Valasz. Il revient à Budapest en 1949. Condamné au silence dans les années cinquante, il se met alors à traduire. Le changement dans sa carrière d’écrivain ne survient qu’après 1956 : les théâtres jouent de nouveau ses pièces et il reçoit en 1957 le prix Kossuth. Dans la dernière partie de sa vie, il passe la plupart de son temps dans la presqu’île de Tihany, à Sajkod. En 1965, il reçoit comme distinction le prix Herder pour son oeuvre. A partir des années 70, son état de santé se détériore et il vit retiré, dans le cercle familial.